Prix de l'éveil 2009

Photographie Yann Amstutz Photographie Yann Amstutz

Yves Burnier

Metteur en scène

Le Prix de l’éveil, d’un montant de 20'000 francs, récompense une personnalité vaudoise qui a enrichi la vie artistique du canton en initiant le public, des élèves, des débutants aux voies de la création.

Informations supplémentaires

Laudatio

Son credo pour le théâtre : la création ! Quelle vitalité à la faire exister pour les spectateurs aussi variés que les sentiments profonds qu’il touche en eux. Didactique pour les jeunes qu’il entousiasme par son dynamisme, il leur fait découvrir et partager sa passion qui deviendra la leur pour toute leur vie. Yves Burnier a choisi de faire vivre cette aventure en plein pays chablaisien, à Aigle, qui, du coup, est désormais une étape incontournable du théâtre indépendant vaudois et de l’initiation théâtrale. On ne peut être que des admirateurs d’Yves Burnier pour la sensibilité qu’il éveille en nous. Mêlant à la fois rire et lucidité, joie et raison et, par-dessus tout cet amour du théâtre, il nous le fait partager avec bonheur. Eclectique passionné, il transmet son énergie créatrice à ceux qui l’entourent. Il nous alimente de cette source artistique pour mieux nous la faire découvrir avec toutes les facettes subtiles qu’elle recèle.

Biographie

Yves Burnier est né le 12 août 1969 à Aigle, où ses parents tenaient un garage de cycles et motos.

Après un baccalauréat latin-grec au CESSEV de Burier, il entame des études de Lettres à l’Université de Lausanne (Histoire et esthétique du cinéma, Langue et littérature française, Philosophie), qu’il achève en 1995.
Il est alors engagé comme assistant aux Affaires culturelles de l’UNIL, et devient co-responsable de la Grange de Dorigny. C’est là qu’il commence à monter ses premiers spectacles (Le Dé à une face, d'Eugène ; OEdipe Roi, de Sophocle).

En 1997, il quitte son poste pour se consacrer à la mise en scène. Il suit des cours avec André Steiger et se fait engager comme assistant sur deux productions de Jacques Lassalle, Pour un oui ou pour un non et Le Misanthrope. Parallèlement, il continue à créer ses propres spectacles et découvre le travail théâtral avec les jeunes en mettant en scène Roberto Zucco de Koltès, avec une quinzaine d’adolescents élèves de théâtre à la Maison Visinand à Montreux.

Mais en 2001, sa carrière prend une autre tournure avec la création du Théâtre du Moulin-Neuf, dans les locaux désaffectés des anciens moulins à grain d’Aigle. Après cinq mois de travaux de rénovation, Yves Burnier prend la direction du théâtre qui ouvre ses portes le 11 décembre, avec la création de Britannicus de Racine.
Rapidement, le Canton de Vaud et la Loterie Romande soutiennent cette initiative un peu folle, bientôt suivis, après quelques réticences, par la Commune d’Aigle. Fort de ces appuis, le Théâtre du Moulin-Neuf se développe : une dizaine de spectacles sont programmés chaque saison, dont une majorité de création, une école de théâtre est ouverte, destinée aux enfants et aux adolescents, dont le succès entraînera quatre ans plus tard la constitution d’une troupe de jeunes formés au Moulin-Neuf, La Mauvaise Graine.

La création du Théâtre du Moulin-Meuf a permis à Yves Burnier de développer ses activités de metteur en scène, que ce soit avec des professionnels ou des jeunes. Son travail est peu à peu reconnu : il a reçu à deux reprises le Fonds vaudois du théâtre, a été nommé en 2007 Directeur artistique pour la Suisse Romande de My culture.ch, projet du jubilé pour les cinquante ans du Pour-cent culturel Migros, et a été invité l’année dernière à Tokyo pour y représenter son adaptation de Jacques le Fataliste, de Diderot.

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