Prix de l'éveil 2004

Prix de l'éveil 2004 Photographie Véronique Botteron

Marjolaine Piguet

Fondatrice de l'Association pour la Formation de Jeunes Danseurs

Co-lauréate de Kim White

Le Prix de l’éveil, d’un montant de 10'000 francs, récompense une personnalité vaudoise qui a enrichi la vie artistique du canton en initiant le public, des élèves, des débutants aux voies de la création.

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Laudatio

Marjolaine Piguet

Son écriture à la fois puissante et sensuelle est au service de personnages si humains que l’on ne doute pas qu’ils soient réels. Il se met en scène avec eux dans ses romans, ce qui ajoute a la force de ses descriptions. En cela, Michel Layaz est un auteur engage. La société qu’il décrit est la notre, contre laquelle il bouillonne : « face a tout ce qui gène, face a tout ce qui contraint, agace, blesse, se détériore, face a la nullité de la télévision, face a la nullité du politique (militaire ou militant), face a l’économie de tous les pouvoirs, écrire reste un signe de résistance. » Sa protestation est une promesse pour la suite de son œuvre.

 

Kim White

Ses premiers contacts avec le canton de Vaud, c’est au prix de Lausanne que Kim White les a eus. Une excellente formation, puis différents engagements. Mais surtout, héritage familial, une vocation : l’enseignement. Mettant ses pas dans ceux de sa mère Nan Klinger, elle dirige le Los Angeles Youth Ballet. Puis, lorsque les circonstances de la vie la mènent sur la riviera lémanique, fonde le Vevey Youth Ballet, une compagnie pour enfants où le goût de l’effort est exalté, la rigueur célébrée, et l’amour de la danse partagé.

Biographie

Epouse comblée et mère de cinq enfants, elle est née un trois décembre d'un père philosophe et passionné de musique, Jean-Claude Piguet et d'une mère enseignante, Nérée-Madeleine Houriet, à Lausanne où elle fait ses premières classes jusqu'à l'âge 11 ans.

Puis son père étant nommé professeur à la Hochschule de St-Gall, toute la famille déménage à l'est de la Suisse: école secondaire, gymnase et maturité latin-anglais à St-Gall.

En parallèle à ses études, elle se voue passionnément à la danse rêvant d'en faire son métier.

A Lausanne, elle suit assidûment les cours de Madame Jacqueline Farelly au Théâtre Municipal. A St-Gall, elle va chez Madame Romy Raas qui finalement l'envoie à la Folkwang Schule, à Essen, Allemagne, où elle poursuit sa formation avec Hans Zullig, Gisela Reber et Pina Bausch.

De retour à St-Gall, elle est engagée au Stadttheater de St-Gall où elle danse durant trois saisons. Elle suit parallèlement les cours de pédagogie de la danse à l'Opernhaus de Zurich.

Un accident stupide de la route interrompt ses rêves et ses ambitions. Elle se lance alors dans les études de lettres à Lausanne - philosophie, allemand et français - où elle obtient une licence ès lettres.

Elle reprend néanmoins ses cours de danse, plus par passion que pour en faire un métier, de nouveau chez Jacqueline Farelly, puis chez Nicole Lieber, où de nombreux professeurs invités sont engagés. Elle suit de nombreux stages à l'étranger et participe activement aux saisons lyriques du Théâtre Municipal, Elle s'accorde aussi une année sabbatique consacrée à la danse et aux voyages.

Enseignante d'allemand et de français à l'établissement secondaire de Béthusy, à Lausanne, ainsi qu'au Gymnase de Chamblandes, à Pully, elle n'oublie pas sa première passion.

C'est pourquoi elle façonne en 2002 le projet d'intégrer une formation complète de danse, en parallèle aux études secondaires, afin de permettre aux élèves du canton de concilier danse et études de manière optimale, selon le postulat d'Olivier Français.

Suite au credo de Sénèque "Ce n'est pas parce que les choses sont difficiles que nous n'osons pas les faire, c'est parce que nous n'osons pas les faire qu'elles sont difficiles", elle se lance dans l'aventure et elle crée, début 2003, l'Association pour la Formation de Jeunes Danseurs (AFJD) qui compte à ce jour plus de 250 membres.

Le but premier de cette association est de soutenir l'enseignement de la danse et la formation de jeunes danseurs dans le cadre scolaire. Et c'est grâce à la compétence du directeur actuel de Béthusy, Biaise Richard, et grâce au soutien de la ville de Lausanne et du canton de Vaud, de la direction générale de l'enseignement obligatoire (DGEO) tout particulièrement, qu'elle peut ouvrir une structure de "Danse- Etudes" dans ledit établissement, selon les modèles en vigueur dans les pays voisins. Cette structure accueille cette année vingt élèves (dont un garçon) motivés et talentueux qui pourront suivre, à Béthusy même, un enseignement rigoureux de la danse parallèlement à leurs études secondaires. Il s'agit ainsi de promouvoir le talent et de détecter assez tôt les élèves doués pour leur permettre plus tard d'accéder au niveau professionnel tout en conciliant danse et études.

Pour mener cette aventure au quotidien, elle s'est entourée d'une équipe de professeurs de danse compétents et enthousiastes, tous dotés d'une solide connaissance pédagogique de la danse qui prodiguent leur enseignement tous les jours, que ce soit du classique, du jazz, du contemporain ou de l'histoire de la danse.

Le prolongement de cette structure serait de créer une filière danse-études qui aboutirait à une maturité ou un diplôme, ce qui permettrait à ces jeunes danseurs de devenir professionnels tout en assurant leurs arrières, sans pour autant devoir s'exiler à l'étranger où des écoles professionnelles existent depuis longtemps, ou renoncer à des études secondaires.

Ce Prix, elle le dédie à son père, décédé il y a quatre ans, avec la certitude que de là-haut, il la soutient et approuve le défi qu'elle s'est lancé, car c'est lui qui lui a inculqué le goût de la culture et des arts.

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Vidéos Ana Morenza
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