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Créée en 1987, la Fondation vaudoise pour la culture a pour but d'honorer et récompenser les personnalités du monde culturel du canton de Vaud et leur donner les moyens matériels de poursuivre leur œuvre.

Yvette Théraulaz, chanteuse

Laudatio

QUI, DANS UN PAYS AUX DEMI-TEINTES, A MIS LE FEU A LA SCENE ET AU VERBE.

Grand prix du théâtre et de la chanson 1992

 

Biographie

Yvette Théraulaz, fribourgeoise d'origine, est née le 28 février 1947 à Lausanne.

A 15 ans, elle obtient le certificat de primaire supérieure de l'école Notre Dame du Valentin, à Lausanne. L'un de ses professeurs est Michel Corboz. C'est lui qui persuade les parents d'Yvette Théraulaz de lui faire entreprendre des études musicales. Dans un premier temps, elle tra­vaille le chant, le piano, la flûte traversière. Elle entreprend une formation de "cadre Willems", initiation pour les enfants, aux Conservatoires de Lausanne et de Lyon. Ensuite, elle se tourne vers le théâtre et suit les cours de l'Ecole romande d'art dramatique au Conservatoire de Lausanne, puis chez Tania Balochova à Paris.

Elle entre au Théâtre Populaire Romand, travaille également sur d'autres scènes, d'autres théâtres d'essais, au Théâtre T-Act, au Théâtre de Vidy dirigé alors par Charles Apothéloz. Aujourd'hui, elle fait partie de la troupe du Nouveau Théâtre de Poche de Genève. Elle a joué, entre autre, dans "Les Petits Bourgeois" de Gorki, dans "Vera Baxter" de Marguerite Duras, dans "La Ronde" d'Arthur Schnitzier, dans des pièces de Jean Genet et de Peter Weiss. On l'a vue à la télévision avec Jean-Luc Bideau et elle a tourné avec Claude Goretta et Yves Yersin en bref: une artiste complète.

A l'âge de 30 ans, sur la scène de St-Gervais, elle découvre la chanson et reprend partiellement son indépendance. Elle compose ses textes et se met elle-même en scène.

En 1982, Yvette Théraulaz est la grande révélation du Printemps de Bourges. La presse est enthousias­te: "Il y a dans sa manière de lancer les phrases une telle force, une telle verve, une telle per­suasion que l'auditeur en est groggy" écrivait le "Nouvel Observateur". ['"Humanité" découvrait une interprète exceptionnelle". L'apparition de la chanteuse de Lausanne constituait, pour le "Matin de Paris" "l'événement le plus surprenant de ce printemps de la chanson française". "Tendre et fé­roce, volcanique, un authentique talent de comé­dienne et une nouvelle voix déroutante".

Ce premier succès se confirma au long de ses tournées : à Bruxelles comme au Québec, à Paris comme à Pully, Yvette Théraulaz sut captiver ses auditeurs, et lors du Printemps de Bourges 1986, les critiques ne furent pas moins enthousiastes qu'en 1992.

Yvette Théraulaz travaille avec peu de moyens. Pas de dialogue avec le spectateur, pas de clin d'oeil complice. Elle dit tout en chansons et chacune d'entre elle est une petite pièce de théâ­tre, en musique. Tantôt drame de moeurs, morceau de cabaret ou monologue, tantôt tirade mordante ou douce poésie. Dans ses mini-drames, Yvette Théraulaz se glisse dans la peau des personnages, petites filles, héroïnes de la vie quotidienne, parfois mégères aussi. Elle reprend des lieux communs qui sonnent tout à coup absurdement. Mystérieuse et sombre, gogenarde, amère et douce, chatte câline puis chat sauvage, elle déverse sa bile, proteste contre toute oppression, fraîche comme un courant d'air.

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